SYSTEM NOMINAL · UTC 2026-06-21T16:35:18Z · LAT 49.44649°N LON 1.09760°E · ALT 65 m

DOC-02 · Foundation

Captation Information Universelle as a Service

CIUaaS — un service cloud qui capture l'information astronomique (les photons venus d'objets célestes) et la transforme en images scientifiques exploitables, via une plateforme reliant astronomes amateurs, observatoires associatifs et IA d'orchestration.

⤖ La métaphore canonique

« Spotify pour les photons. » Vous commandez une cible — par exemple la galaxie d'Andromède (M31) — et le système orchestre tout : choix de la fenêtre d'observation, météo, séparation lunaire, mise en file d'attente sur l'observatoire approprié, capture autonome multi-nuits, calibration (darks, flats, biais), empilement, livraison du FITS calibré dans votre espace personnel.

Vous ne savez pas piloter un télescope ? Le système le fait. Vous n'avez pas de ciel propre ? Le système choisit l'observatoire qui en a. Vous voulez juste une belle image d'Orion à imprimer ? Le système la traite. Vous êtes scientifique et voulez les frames brutes pour faire de la photométrie ? Le système vous les livre sans calibration aussi.

Pourquoi maintenant

⤴ Trois mouvements convergents

  1. L'amateur a aujourd'hui de meilleurs capteurs que le pro des années 80. Un Atik 460EX (Sony ICX694) lit avec 5 e⁻ de bruit en mode CCD refroidi, pour ~1500 €. Le Hubble lance 350 millions de dollars pour faire mieux, mais à 600 km au-dessus de l'atmosphère.
  2. L'orchestration logicielle est mature. ASCOM (Windows), INDI (Linux), N.I.N.A., PHD2 — toute la stack est open source ou interopérable. Le plate solving (ASTAP, Astrometry.net) rend le pointage sub-arcsec automatique.
  3. Le cloud calcul et stockage sont gratuits à petite échelle. Cloudflare Workers + R2 permettent de servir 100 000 requêtes/jour pour 0 €.

⤵ Les frictions actuelles

  • L'astronome amateur passe 80 % de son temps en logistique (planification, météo, calibration) et 20 % à imager.
  • Les observatoires associatifs (comme celui de Rouen, fondé en 1884) ont du matériel professionnel mais des opérateurs bénévoles. La nuit où le ciel est dégagé, personne n'est dispo.
  • La transmission du savoir technique est orale, fragile. Quand un membre disparaît, le mode opératoire avec.
  • Les bonnes cibles d'opportunité (supernovae, comètes, transits, alertes Gaia) demandent une réactivité que le bénévolat seul ne peut pas garantir.

L'architecture en quatre couches

┌─────────────────────────────────────────────────────────────────────────┐
│  COUCHE 4 · INTERFACE UTILISATEUR                                       │
│  → Site web NOVA (Astro 5 / Cloudflare Pages)                           │
│  → Catalogues Messier · Caldwell · NGC · IC · Sharpless (349 cibles)    │
│  → Calendrier mois / saison · fenêtres d'observation par cible          │
│  → Score composite (altitude, Lune, météo, transit)                     │
│  → Export NINA Target Scheduler · iCal par cible / campagne             │
├─────────────────────────────────────────────────────────────────────────┤
│  COUCHE 3 · ORCHESTRATION CLOUD                                         │
│  → API REST (Workers SSR) · queue de commandes                          │
│  → Stockage D1 (sessions, logs, sorties)                                │
│  → IA de planification (météo + Lune + transit + quotas par filtre)     │
│  → Heartbeat agent · sécurité bearer rotative                           │
├─────────────────────────────────────────────────────────────────────────┤
│  COUCHE 2 · AGENT EMBARQUÉ                                              │
│  → nova-agent (binaire Rust 5 Mo, Windows/Linux)                        │
│  → Installé sur le mini-PC qui pilote le télescope                      │
│  → Mode lecture seule par défaut · kill-switch fichier                  │
│  → Sortant uniquement (zéro port ouvert côté observatoire)              │
├─────────────────────────────────────────────────────────────────────────┤
│  COUCHE 1 · HARDWARE PHYSIQUE                                           │
│  → Monture (EM-400 Temma 2M) · Tube (C11) · Caméra (Atik 460EX)         │
│  → Focuser (RoboFocus 3.1) · Caméra guide (ASI120MC + Kepler)           │
│  → Mini-PC (MeLE) · Hub USB 7p · ASCOM/INDI stack                       │
└─────────────────────────────────────────────────────────────────────────┘
      

Le contrat avec l'utilisateur

INPUT

Ce que vous fournissez

  • → Une cible (M31, NGC 7000, IC 1396…)
  • → Une intention (LRGB esthétique, photométrie, spectro, narrowband…)
  • → Un quota (1h ? 5h ? une saison entière ?)
  • → Une échéance (best-effort ou avant date X)
PROCESSING

Ce que la plateforme fait

  • → Calcule la fenêtre d'observation par nuit
  • → Choisit le filtre et le temps de pose
  • → Décide d'imager ou non selon météo + Lune
  • → Pilote le télescope via l'agent embarqué
  • Calibre et empile les images
OUTPUT

Ce que vous récupérez

  • → Les FITS bruts (avec WCS solveur)
  • → Les masters (dark, flat, bias)
  • → L'image empilée (Siril WBPP)
  • → Le log de session (HFR, météo, guide RMS)
  • → Un rendu JPEG presse-prête (optionnel)

Pourquoi « Universelle »

Le qualificatif Universelle n'est pas une boursouflure marketing — il décrit trois propriétés concrètes du système :

  1. Universelle quant aux cibles — la plateforme couvre l'ensemble des objets connus : 110 Messier + 109 Caldwell + ~7 800 NGC + ~5 400 IC + 313 Sharpless, plus les comètes, astéroïdes, occultations, transits, supernovae, alertes Gaia. Vous pouvez aussi entrer des coordonnées RA/Dec arbitraires.
  2. Universelle quant aux stations — l'agent est conçu pour s'installer sur n'importe quel mini-PC contrôlant n'importe quelle monture compatible ASCOM ou INDI. Pas seulement le poste C11/EM-400 de Rouen : un Newton 250 sur un GEM45 fonctionne aussi.
  3. Universelle quant aux usages — astronome esthète qui veut une belle image, scientifique qui veut des frames calibrées pour photométrie, enseignant qui veut un timelapse, médiateur qui veut une démo publique en live. Tout passe par la même interface.

Et « Information »

Un photon individuel porte trois informations : sa position (RA/Dec), son énergie (longueur d'onde, donc filtre) et son instant d'arrivée (timestamp UTC, important pour les variables, les transits, les occultations).

Un CCD comme l'Atik 460EX intègre ces photons sur des poses de 30 s à 30 min. Une session de 5 h de pose totale en LRGB sur M31 produit ~12 GB de données brutes et environ 200 MB de livrables exploitables. C'est de l'information universelle au sens strict : universelle par sa source (l'Univers entier), universelle par son contenu (tout le spectre électromagnétique optique), universelle par son utilisateur final (qui veut, peut s'en servir).

Le service consiste à capter cette information à l'instant où elle est disponible (les nuits dégagées, sans Lune trop brillante, avec la cible suffisamment haute), à la structurer (FITS + WCS + métadonnées), à la transmettre à l'utilisateur final, et à la conserver de manière redondante.

Le sens de « as a Service »

« As a Service » signifie que l'utilisateur ne possède ni le télescope, ni le PC, ni le logiciel d'orchestration — il consomme un service hébergé. Comme on consomme du calcul AWS sans posséder le data center, on consomme ici de l'information astronomique sans posséder le télescope.

Cela ne veut pas dire que les opérateurs disparaissent — bien au contraire. L'Observatoire de Rouen reste maître de son matériel, de son toit roulant, de la coupole. NOVA est un service partagé : l'observatoire fournit la fenêtre matérielle, NOVA fournit la couche logicielle d'orchestration, l'utilisateur final fournit la cible et l'intention.

Modèle économique envisagé : gratuit pour les amateurs, contributions volontaires pour les associations, abonnement pour les usages professionnels (enseignement supérieur, médias scientifiques, programmes universitaires). Souveraineté : zéro dépendance non-européenne dans la stack — pas de Cloudflare US, pas d'AWS, pas de Google Analytics.

Différenciation par rapport à l'existant

ServiceModèleCibleLimite
iTelescope.net Pay-per-use, télescopes en location Amateurs riches Cher (10-40 €/h), opaque, US/AU
Slooh Abonnement, télescopes partagés Grand public Images pré-traitées non scientifiques, US
Telescope.live Crédits, achats de datasets Astrophotos pro Cher, peu d'autonomie, IT
Unistellar (eVscope) Hardware acheté + cloud Grand public Petite ouverture (114 mm), pas modulaire, FR/US
NOVA / CIUaaS Open + souverain + observatoires existants Tous publics, du curieux au chercheur Couvre un seul site pour l'instant — extension prévue

Aspects scientifiques

L'amateur connecté au service peut contribuer à des programmes scientifiques amateurs reconnus :

  • Photometric follow-up de transitoires Gaia Photometric Science Alerts (~5 alertes/jour) — magnitude limite ~17 avec le C11/Atik en 10 min.
  • Variables RR Lyrae et Cepheids — courbes de lumière sur des semaines, contribution AAVSO.
  • Occultations stellaires par astéroïdes — capture rapide ASI120MC en mode binning, contribution programme Europlanet.
  • Supernovae dans les galaxies cibles — détection, suivi photométrique en LRGB.
  • Astrométrie précise (Gaia DR3) pour orbite d'astéroïdes — la précision sub-arcsec du C11 + plate solving permet du Minor Planet Center.
  • Détection de bolides via la caméra FRIPON déjà installée sur le toit de Rouen — programme national CNRS/Observatoire de Paris.

Aspects éthiques et de souveraineté

La plateforme adopte la doctrine de souveraineté numérique :

  • Hébergement européen — Cloudflare Pages reste utilisé en bootstrap mais sera migré vers OVH/Scaleway en v0.5.
  • Pas de tracking utilisateur, pas de cookies tiers, pas de pubs.
  • Code source ouvert (MIT) — l'agent et la plateforme peuvent être audités, forkés, auto-hébergés.
  • L'observatoire reste maître de son matériel : opt-in explicite pour autoriser le pilotage à distance, kill-switch fichier en local.
  • Les données scientifiques produites sont par défaut publiques (CC-BY-SA) — l'utilisateur peut imposer un embargo à 6 mois.

Lectures suivantes